Eglise St Fridolin


Rosenau, la plus petite et la plus jeune des trois paroisses de la communauté, se distingue par son église, la plus ancienne des trois localités.

Rattachés à Istein en Pays de Bade sur le plan temporel et spirituel, les fidèles de Rosenau fréquentèrent jusqu’en 1792 l’église Saint-Michel et Saint-Fridolin de leur commune-mère avant de se rendre aux offices à Village-Neuf jusqu’en 1869. Bien que Rosenau, dès 1849, appelât de ses vœux la construction d’une chapelle, le projet fut toujours reporté, les inondations du Rhin dévastant les récoltes et réduisant la population à la misère.

Des liens de familles favorisèrent la construction d’un lieu de culte en 1871. En effet, Geneviève Sinniger, l’épouse du maire Joseph Baumlin, réussit à convaincre sa marraine Geneviève Rogg-Haas, originaire de Sierentz, épouse puis veuve et légataire universelle de Fridolin Rogg, riche commerçant, de contribuer à la construction d’un sanctuaire à Rosenau sur un terrain communal de 5 ares. C’est ainsi que les murs du sanctuaire furent offerts par Madame Rogg-Haas qui imposa saint Fridolin et sainte Geneviève comme patrons de l’église. Madame Rogg-Haas finança partiellement la construction du presbytère en 1877, et dota en 1890 l’église de trois cloches baptisées Fridolin, Geneviève et Marie-Barbara.

C’est en 1881 que l’évêque de Strasbourg, Monseigneur André Raess, accorda l’indépendance paroissiale à Rosenau qui dut se doter d’un Conseil de fabrique dont le premier président fut Antoine Gchwindemann. Bon nombre de pièces d’équipement intérieur de l’église furent offertes par le curé Bigot, le baptistère en pierre par le curé Dentzer et les statues de saint Fridolin et sainte Geneviève par Madame Rogg-Haas. Le Bâlois Mesmer peignit les fenêtres de l’église sous le ministère du curé Kelbert. Une horloge et une seconde porte d’entrée furent installées en 1905 sous le ministère du curé Schifftelmann. L’hôpital de Village-Neuf offrit une statue de la Vierge. Le cimetière fut aménagé sous le ministère du curé Bigot et agrandi en 1911. L’orgue Stiehr, acquis grâce à la générosité des paroissiens, de la caisse mutuelle locale, du curé Muhr et de l’aide de l’Etat, fut inauguré en 1920. Les cloches réquisitionnées en 1917 furent remplacées en 1924 par deux autres, baptisés du nom de Jean-Baptiste-Joseph et Marie-Geneviève.

En 1927, on électrifia la sonnerie des cloches et installa 127 lampes ainsi qu’un chemin de croix fut installé. En 1934, des autels en marbre remplacèrent les autels latéraux en bois et deux tableaux Adorations des Rois mages et Adoration des Bergers furent placés dans le chœur. En 1937, un fourneau fut placé dans la nef. En 1944, le clocher, pris sous le feu d’une batterie, faillit être complètement détruit. La cloche Saint Fridolin tomba dans la nef. Refondue, elle fut remplacée et bénie en 1949 sous le ministère du curé Pierre Onimus. Un chauffage au charbon puis au mazout en 1956 remplaça le fourneau dans la nef. Le clocher refait, on y fixa la lourde croix de Lorraine en hommage à Madame Rogg-Haas dont c’était l’emblème. Les vitraux du chœur furent remplacés par d’autres Buisson-ardent et Moisson que l’on peut toujours admirer. De 1959 à 1980, la commune procéda à la réfection intérieure et extérieure de l’église. En 1968, sous le ministère du curé Germain Munsch, le chœur fut transformé et en 1985, l’orgue rénové. En 1987, un nouveau chauffage fut installé et en 1991 tous les vitraux de la nef furent remplacés.

Sous l’impulsion du Conseil de fabrique et du chargé d’âmes André Piette, l’intérieur de l’église retrouva un nouvel éclat en l’an 2000 : peinture, nouveaux lustres, statues de saint Fridolin et de sainte Geneviève, de la Vierge, de saint Joseph, baptistère et crèche en bois, œuvres du sculpteur Bossardt de Thannenkirch. En 2008, la rénovation intérieure se poursuit, le curé Christophe Sperissen et les membres du Conseil de fabrique s’y employant.